Mon mari est une momie
J'ai bien ri
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A chercher mari,
L'un était petit,
L'autre plein d appétit,
Et celui-là voulait des petits.
Ciel ! Le mari
Caché sous mon lit,
Est-il parti ?
Non, il est ici, il git,
Bonne nuit, ma momie.
La statue émue
Ce n'était pas une vaine passion,
C'était la sienne fière obsession,
Sa robe prête, finement bruissante,
Un rubis aux lèvres déjà frémissante.
Danse des âmes moulées lancinante,
Elle, muse, vivant leur création :
Statue scellant l'étreinte, fascinante,
Émue, témoin de leur adoration.
La fée ne dit pas encore, aimante,
Que leur temps est là, gravé. Il cimente
Le caveau de marbre des illusions,
Des jeunes et beaux morts après éclosion.
La poupée gonflée
Née du temps rapide,
Où l'identité se fabrique,
Où les seins se recyclent,
Quand la beauté se décortique,
Le modèle pose, banal, bancal.
Elle prône la féminité,
Façonnée d'une main d'homme,
Ingénue, elle soupire de liberté.
Éprise de ses fesses en devenir,
Nue dans l'arène, elle met en scène,
Le précieux, l'intime.
Chère beauté
Elle est rose, la belle, l'adorée,
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Se dressant reine au delà des lys,
Pour elle le temps des charmants,
Ils chantent les airs de velours.
Elle s'offre, d'un sourire se lasse,
Honorée sur un dôme de pétales,
Le vent amoureux caresse
La grâce de l'insoumise,
L'aura libre, chatoyant,
Au gré du destin flamboyant.
Le temps punit les glorieux,
Les humeurs passagères arrivent,
A l'aube, l'âme pleure esseulée,
Sa robe pourpre s'efface en noir,
Froissée, devenue poussière,
Le vent la brise volant ailleurs.
Et se lève le chant des pleureuses,
Sa beauté qu'on met en cendres,
Le ciment des derniers mots
Raconte la vie exaltée.
Ce jour là, j'avais tout juste vingt ans
Ce jour-la, j'avais tout juste vingt ans,
Une senteur de fleurs libres battant,
Le fauve des natures indociles,
L'œil ému, des étoiles plein les cils.
Mon coeur vêtu de rose, palpitant,
Elle était belle, lui murmurait-il,
Du patio au sofa, le désir ôtant
Les dentelles souples comme le fil.
Mes ailes étaient lisses, l'élan agile,
Le reflet parfait brillait sur l'étang,
Il reculait, il était loin le temps,
Oh ce jour là, la vie était facile.
D'un côté de la Méditerranée
D'un côté, ma mère était bien claire, 
De l'autre, mon père bien basané,
Entre ces deux-la, l'eau dansait si claire,
Neptune fier chantait leur élan né,
Le velours doré vêtit les fougères,
Curieux est l'artiste halluciné,
L'arc en ciel dit au dessus de la mer,
Que de la palette la beauté naît,
Le clair-obscur que la lune a dessiné,
A bercé fidèle les destinées,
L'ombre rassure le soleil, légère,
Les coquilles s'ouvrent, c'est le repère.
La petite connasse
Les passants urbains
Dans ce jardin, ma mélancolie passe,
Sur mon banc, je vole l'élan fugace,
J'écoute, j'observe les fioritures
Des passants urbains que l'herbe rassure.
Les couples modernes disent l'usure,
Tout près, l'homme, sa femme cachée s'agacent,
Les pieux viennent s'aimer avec audace,
Les fleurs se lèvent, l'air de bonne augure.
Les lions se terrent pour pleurer la race
De ceux se voulant forts, un jour se cassent,
Vivons ta peine, dit franche nature,
Je suis témoin des secrets qu'on murmure.
Les amants se cherchent du nez, s'embrassent,
Les coquettes avancent avec allure,
La jeunesse et l'insolence dépassent,
Moi, je suis seule avec mon écriture.
Les buveurs se noient avec leurs fêlures,
Les feuilles cachent ceux sans carapace,
Le troc du pauvre que la vie harasse,
On ne juge pas, dit l'arbre mature.
Les feuilles se sont couchées
Mon automne n'est qu'humide et long couloir,
Près de l'abat jour les roses se sont fanées,
Elles sont dociles, se baissent sous ton vouloir,
La nature morte est balayée, aliénée.
Le froid glace ceux épuisés venus s'asseoir,
Il pénètre les pauvres cœurs imprégnés,
Face à l'eau trouble, j'adresse un sombre bonsoir,
Prémisse à l'hiver dénudé, décharné.
Les feuilles se sont couchées, l'âme se laisse voir,
Elle se retire dans sa chambre façonnée
De pétales si noirs, année après année,
Seule, elle est sous un toit de pluie ce triste soir.
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